Les populations d’Amérique centrale vivent actuellement un grave recul démocratique. Dans bien des cas, leurs gouvernements se sont subordonnés aux intérêts d’entreprises nationales ou étrangères, en particulier dans le domaine des industries extractives. L’influence croissante d’acteurs privés au sein de l’État mène à une hausse de la corruption et de l’impunité des coupables. Pour les populations locales, cela se traduit par une forte limitation de l’accès aux ressources naturelles ainsi que par une augmentation de la répression étatique. 

Face aux constantes violations des droits citoyens dont le modèle extractiviste s’avère responsable, nous assistons au développement d’un mouvement d’opposition issu de la convergence des luttes sociales et environnementales de toute l’Amérique centrale.  Lorsque les droits de recours aux voies légales sont bafoués, les communautés locales adoptent des stratégies de désobéissance civile. Dans la municipalité de Tocoa (Honduras) par exemple, où l’exploitation minière cause de nombreux dégâts fluviaux, un campement de défense des biens naturels est occupé en permanence depuis plus de trois mois. Une vingtaine de militantes et militants ont à ce jour été arrêtés, instaurant un climat de criminalisation et de violence face à un problème socio-environnemental

C’est dans ce contexte que s’est tenu la troisième rencontre de l’alliance centraméricaine contre l’exploitation minière. Celle-ci a abouti sur un communiqué de presse réaffirmant la solidarité des communautés, exigeant des gouvernements le respect des droits citoyens, et demandant l’annulation des concessions minières. La UNES, notre partenaire au Salvador, est en signataire.

Troisième rencontre de l'alliance centraméricaine contre l'exploitation minière (ACAFREMIN)
© photo : ACAFREMIN